Il est 8h43, je serai en retard au bureau et cet imbécile devant moi qui n’avance pas ! C’est vraiment pas possible d’être aussi lent ! Coups de klaxon, agitation, stress, colère. Je m’énerve toute seule dans ma voiture. Cette journée commence bien!

9h12, j’arrive avec 12 minutes de retard, des plaques rouges dans le cou et là, comble du comble, quelqu’un s’est garé sur ma place de parking ! C’est insupportable, j’ai envie de hurler que plus personne ne respecte rien, que c’est MA place de parking et qu’il n’y a que MOI qui ai le droit de m’y mettre. J’imagine des scénarios de vengeance : griffer la carrosserie de ce malotru, crever ses pneus, déposer un petit mot menaçant sur son pare-brise ! Si il arrive maintenant, je l’étrangle !

Emotions en cours : agitation, colère, stress, fatigue, sentiment d’injustice.
Sentiment en cours : Journée pourrie.

Cette petite histoire est à peine caricaturale. Nous sommes nombreux à ne plus supporter la vie telle qu’elle est, avec son lot de frustrations, de contrariétés et d’ « injustices ». Nous sommes persuadés au contraire que la seule palette d’émotions que nous devrions vivre au quotidien n’est constituée que de joie, plaisir, bonheur et sérénité. Alors nous courons dans tous les sens pour « construire ce bonheur parfait ». Emotions qui en découlent : surmenage, anxiété, burn-out. Le temps qui s’accélère nous rend incapables de vivre le réel tel qu’il est, avec des hauts, des bas et des imprévus: tout doit rouler. Efficacité, rentabilité et productivité sont les maîtres-mots de notre époque et comme c’est impossible, comme ça n’existe pas, nous devenons de plus en plus vulnérables aux frustrations, aux autres et à la réalité, surtout lorsqu’ils/elle ne correspond(ent) pas à nos attentes. C’est comme si nous n’étions plus capables de réalisme, d’accepter les limites du possible. C’est comme si il y avait un bug dans notre système ! Parce que si c’est dans notre nature intrinsèque de rechercher les plaisirs immédiats (cela fait même partie de notre programme de survie), les neurosciences prouvent aussi que consommer sans aucune mesure pour « construire notre bonheur » tel que nous le faisons actuellement ne nous rends non seulement pas plus heureux, mais nous rend au contraire plus stressés et plus anxieux.

C’est incroyable de réaliser qu’alors que nous voudrions jouir pleinement de la vie et en « profiter », notre façon de l’envisager nous donne plus de soucis et de frustrations que de satisfaction. Comme le bonheur est toujours à portée de portefeuille, nous consommons toujours plus et développons un sentiment d’impuissance (puisque nous ne sommes jamais bien longtemps satisfaits) qui finit par se transformer en dépression. Nous devenons aigris, agressifs et individualistes.Lorsque nous nous confrontons à un quotidien difficile, insatisfaisant ou qui manque de sens, notre instinct de survie ne veut qu’une seule chose : retrouver un équilibre émotionnel par le biais d’une satisfaction immédiate : nourriture, alcool, tabac, achats compulsifs etc. C’est justement ce que la société de consommation a très bien compris : oui, la vie est difficile parfois, non vous n’êtes pas aussi beau, fort, riche ou intelligent que les « peoples » mais ce n’est pas un problème, on va arranger ça avec des biens de consommation : telle voiture vous rendra hyper sexy, tel poisson pané fera de vous le meilleur des parents et telle crème hydratante vous rendra l’éclat de vos 20 printemps. Et voilà, c’est aussi simple que ça…enfin presque !

Heureusement, il est aussi possible de (re)penser sa vie et de faire la différence entre « consumérisme » , c’est à dire un mode de vie axé sur la consommation et « hédonisme » où là aussi la recherche du plaisir est le sens de la vie, mais un plaisir plus construit, plus adulte, plus inscrit sur la durée. Un plaisir plus écologique aussi dans le sens qu’il repose sur des valeurs fondamentales: l’amitié, la curiosité, la connaissance, les liens sociaux, l’entraide,… et génère une philosophie de vie plus connectée à soi, aux autres et à des plaisirs simples.

Le plaisir hédoniste se construit alors que le plaisir consumériste nous consume.Construire sa vie de façon pleinement consciente, de manière à lui donner du sens serait donc la solution pour ne plus souffrir d’angoisses, de dépressions, de burnPout…et de surpoids !

France Verheyden
Conceptrice de la Mincithérapie®