Et heureusement ! Parce que si nous devions tout réapprendre chaque jour, nous n’aurions jamais évolué ! Toutefois, cette fantastique capacité du cerveau peut parfois nous jouer des tours :

« Chaque soir, lorsque je rentre du boulot,c’est le même processus qui s’enclenche: je me jette sur le frigo et j’avale tout ce que je trouve: un morceau de fromage, puis les restes de la veille. J’entame ensuite le pain avec une bonne couche de beurre ou de la pâte à tartiner au chocolat…je mange une tranche, puis deux, puis trois…et pour finir j’engloutis la moitié du pain sans pouvoir m’arrêter ! C’est plus fort que moi ! Je mange jusqu’à me sentir apaisée et repue. Chaque fois je me dis que je saurai me contrôler le lendemain et chaque fois je recommence. C’est infernal ! »

Un scénario qui se reproduit malgré nous, encore et encore, ça vous dit quelque chose ?
Notre cerveau a la capacité de stocker des informations, des valeurs, des apprentissages et des croyances pour fonctionner efficacement au quotidien (territoires néolimbiques). D’autres parties nous avertissent instinctivement d’une menace potentielle (territoires reptiliens et paléolimbiques). Ces zones (reptilien- paléolimbique et néolimbique) fonctionnent de façon automatique, de manière efficace, rapide et sans grande réflexion pour assurer notre survie.

Une quatrième partie de notre cerveau, les territoires préfontaux, nous permettent de réfléchir et de nous adapter à la nouveauté, d’être curieux et avides de découvertes, ce sont les territoires adaptatifs. Grâce à eux nous avons pu nous questionner sur notre environnement et le faire évoluer.

Le cerveau est donc doté d’une partie automatique qui gère notre survie et notre quotidien et d’un partie adaptative qui nous permet de penser ! C’est fascinant de réaliser que nous avons dans notre boite crânienne un outil si bien conçu!

Lorsque tout ce petit monde fonctionne en harmonie, chaque partie assume sa part du boulot pour faire de nous des êtres évolués et évoluants. Le drame c’est que tout va de plus en plus vite. Nous ne prenons plus le temps de penser notre vie et notre cerveau automatique prend le pas sur notre cerveau adaptatif. Nous fonctionnons en mode survie au lieu de vivre en mode exploration-découverte. La routine nous englue bien souvent dans nos croyances, nos idées préconcues, notre besoin de contrôler notre environnement et nos peurs nous poussent inconsciemment vers une vision dualiste des choses : bien/mal où nous manquons de nuance. Nos certitudes peuvent même parfois aller jusqu’à de l’intolérance et au refus de nous remettre en question. Nous considérons les autres comme des juges et nous nous sentons parfois seuls contre tous.

Le nombre de dépression et de burn out n’est finalement que le reflet de notre façon de fonctionner : en pilotage automatique jusqu’à s’épuiser ou à perdre complètement la notion de sens. Parce que notre cerveau a besoin d’utiliser tous ses territoires pour que nous soyons équilibrés ! Nous avons besoin d’être efficaces, mais aussi curieux ! Capables de nous adapter à la réalité telle qu’elle est et non pas telle que nous exigeons souvent qu’elle soit ! Nous avons besoin de relativiser, de nuancer. De considérer la vie comme un grand terrain d’expérimentation et de découvertes.

Et si notre bonne résolution de l’année c’était d’apprendre à vivre LA vie, avec ouverture et curiosité, au lieu de vivre SA vie, avec peur et besoin de contrôle ?

Essayer d’être dans le flux de l’existence en utilisant davantage notre libre arbitre et notre intelligence nous rendra plus humains et plus heureux ! On essaye ?